Pas question de tomber dans le fatalisme à outrance concernant l’évolution du sport cycliste. Mais force est tout de même de constater que les changements ne vont pas plaire à tout le monde. Le remodelage du calendrier et de la nouvelle réglementation concernant la constitution de certaines équipes va incontestablement donner un autre visage au cyclisme de demain. Le professionnalisme est en marche. Mais pour l’envisager, il faut des sponsors et donc des sous !!! La Belgique a toujours été le berceau du vélo avec la France, les Pays-Bas, l’Italie et l’Espagne. La mondialisation a permis à des pays et à des coureurs jusqu’alors quasiment inconnus d’arriver sous les projecteurs. Bonne ou mauvaise chose que tout ce chambardement ? Difficile à dire. Prenons l’exemple du calendrier World Tour de 2017. Plus de 25 épreuves (en plus de 2016) ont reçu le label WT. Déjà qu’une équipe WT doit jongler avec deux ou trois groupes pour assurer sa présence sur toutes les courses de son programme annuel, il parait évident que les deux seules solutions seront soit d’embaucher des coureurs supplémentaires OU de ne plus prester sur les courses de petite importance. CQFD, il faudra encore plus de sponsors ou plus de sous. Et à ce rythme, les kermesses tout comme les autres courses sans le label risquent purement et simplement d’avoir de faibles pelotons au départ ou d’arrêter les frais. Prenons un autre exemple. La réforme des équipes continentales non pros. Il y en a douze en Belgique. Nous sommes d’ailleurs bien loin des chinois (9). Mais est-ce que demain, avec les catégories CP1, CP2 et CP3 il y en aura encore autant ? Les rumeurs sont nombreuses en ce moment et les équipes doivent batailler ferme pour se maintenir. Il y en a même un paquet qui risque de disparaître. Quid des coureurs ? D’un autre côté, plus proche de nous, le calendrier des kermesses aspirants, débutants, juniors, espoirs et élites sans contrat est déjà bien maigre. D’un autre côté on constate que les courses pour open masters sont de plus en plus nombreuses. Nouvelle politique de la FCWB ? Des ligues comme l’EdH ont aussi là une belle opportunité de développement. Même en Flandres, il n’y a plus autant d’épreuves et de coureurs qu’il y a dix ans. Que les fédérations cyclistes souhaitent tirer le cyclisme vers le haut est tout à leur honneur. Que certaines équipent (WB, VW) veulent passer pros c’est très bien. Que les organisateurs de courses veulent toujours les meilleurs chez eux, c’est parfait. Mais en l’état, pour maintenir ce sport sur ses rails, il faut que la pyramide ait un socle fort. Si ce n’est pas partout pareil dans notre pays, il n’y en a presque plus. On ne pense plus qu’à prêter aux riches, dans ce cas, il ne faudra pas s’étonner que dans l’avenir, nous soyons confrontés à l’abîme.
Nous avons une pensée pour ces clubs petits ou moyens qui se maintiennent uniquement grâce à l’apport de bénévoles et qui doivent tout remettre en question chaque année faute d’avoir des budgets suffisants. Et pourtant, ce sont eux la base de notre sport.
