LE CYCLO CROSS, LE PARENT PAUVRE EN WALLONIE ? @LoicHnx

La RTBF a passé un beau reportage sur Loïc HENNAUX (associons aussi Julien KAISE) ce midi sur le cyclo cross de Spa. TB !!!

Pour sûr, c’est une question récurrente. Et elle est d’actualité. D’un côté, l’ancien champion du monde de la discipline, Erwin VERVECKEN, semble nous dire que la Wallonie progresse dans le domaine du cyclo cross. D’un autre côté, Gérard BUELLENS semble presque nous prouver le contraire. Bien entendu, ces deux personnalités ne représentent pas tout le cyclisme des labourés à elles seules. Démêler le vrai du faux n’est pas simple. VERVECKEN se base sur les deux locomotives que sont SPA et NAMUR (organisées par GOLAZZO, son patron) pour expliquer que cela se développe. BUELENS ne voit pas énormément de coureurs et pas du tout de vedettes wallonnes pour faire monter la sauce. Pour suivre et avoir été dans le cross durant 40 ans, nous pouvons dire sans conteste que le wallon n’a pas la fibre du cyclo cross qu’il s’agisse d’être pratiquant ou spectateur. Nous n’avons pas la prétention de donner la bonne réponse. Mais voici quelques éléments de réflexion. Le cyclo cross belge existe depuis 1910. Retournez les classements nationaux et internationaux dans tous les sens et vous trouverez très peu de rouleurs wallons. Ils sont même presque totalement absents. Une exception, le lessinois Omer THYS, qui a été champion de Belgique en 1938 et 1939 + podium en 1937 chez les pros. Pas de Wallons ou presque derrière THYS qui était pourtant une sérieuse machine. Signalons aussi qu’il n’y a jamais eu beaucoup d’épreuves en Wallonie. Pas aisé dans ces conditions d’amener les jeunes sur les cross. Inévitablement, l’un est lié à l’autre. S’il y a des courses, les coureurs vont s’y mettre. Les néerlandophones ont ça dans leur ADN. Nous, pas. Nous serions plutôt VTT. Faut-il vraiment forcer le destin d’un sport qui cherche toutes les décennies à faire des percées dans notre communauté ? Sans nécessairement y parvenir. Pourquoi pas ? A la limite, les français, les suisses, les hollandais ou les tchèques sont plus actifs que nous dans le domaine. Maintenant, que nous ayons SPA et Namur, c’est bien. Et il y a du monde, n’en déplaise au journaliste qui a fait le micro trottoir sur le site spadois dernièrement. Mais il faut aussi parler des autres. Comme HELLECINE qui a organisé les CB pour masters et jeunes la semaine dernière. Il n’y avait pas des tonnes de concurrents au départ mais il y avait un bon paquet de wallons. C’est dire qu’il y a de la demande. Grammont a organisé la première manche d’un challenge en septembre et la foule était exclusivement flamande. Pourtant, Grammont est sur la frontière linguistique. Quand nous faisions des cross non licenciés en hiver, il y avait 2 wallons pour 8 flamands. Quand Wodecq organise avec la WZV, il y a 5 wallons sur 70. Quand nous roulions à la Wielerschool, BOUILLON et votre serviteur étaient quasiment les seuls hennuyers sur 80. Quand la LCR vient à Mont de l’Enclus, sur les 300 rouleurs, il y a 10 wallons. Donc, qu’il s’agisse d’une ligue officielle ou des autres, le résultat est pareil. Ces dernières années, à la RLVB, nous avons vu des garçons comme GAUDY bien marcher. OGER, LEONARD et quelques jeunes du club de Hesbaye ou de Chevigny tentent le coup avec satisfaction. Dans notre coin Quentin BERTHOLET, dont nous maintenons qu’il aurait du persévérer dans le cross, a fait de bonnes choses. Cela n’a pas été suffisant pour faire grossir le pool wallon. Il est vrai aussi que des vedettes comme MERCKX, CRIQUIELION, BRACKE, CERAMI, MONFORT, ISTA, VAN MELSEN ou d’autres ne se sont jamais lancées dans la discipline durant tout un hiver. Cela aurait peut-être aidé. A l’heure actuelle, Loîc HENNAUX et Julien KAISE, pour ne citer qu’eux, même s’il y en a quelques autres chez les jeunes, ont le mérite de nous représenter correctement dans cette chasse gardée réservée aux néerlandophones. Alors, encourageons-les pour qui sait, leur permettre d’arriver au plus près des étoiles et faire rêver les petites têtes blondes. Quant à VERVECKEN et BUELENS, finalement, l’un et l’autre n’ont pas entièrement tort. Le sujet mériterait d’être approfondi.