LA FRANCE DES CHAMPIONS. #DeJ-PClair #HistoireVécue #1erePartie/2 #2021

Photo. Maurice GARIN – 1903.

Mr J-P CLAIR possède un blog littéraire, poétique et cultivant. Ils sont une dizaine de chroniqueurs. Il nous explique qu’il y a tout un temps, il a aussi rédigé des articles sur le cyclisme. Il nous a proposé d’en publier. Après lecture, ce très beau texte cadre parfaitement avec « LESSINES CYCLISME ». Nous remercions grandement Mr CLAIR pour les deux premiers envois. Celui-ci est en deux parties. La suite sera publiée dès lundi 08/03. Mais avant toutes choses, nous tenons à vous informer qu’il est possible de lire leurs productions via cette adresse. Merci encore à lui/à eux !!!

>>> https://ledixvinsblog.wordpress.com/

J’ai serré la main…

Aujourd’hui si je déclarais à quelqu’un que j’ai serré la main du premier vainqueur du Tour de France, la personne en rirait, croyant à une boutade.

Pourtant il s’agit de la pure vérité, mais cela mérite une explication.

Mon grand-père paternel, Stéphanois d’origine, habitait Lens dans le Pas-de-Calais, les hasards de la vie l’avaient amené à s’installer là-bas.

Depuis l’âge de cinq ans, j’ai passé tous mes étés chez lui, et en additionnant tous mes séjours on peut dire que j’ai vécu quelques années chez les Ch’tis.

Mon grand-père, fier de son petit-fils, m’emmenait partout avec lui. J’étais très heureux de rouler en voiture, ce qui était un privilège car les autos n’encombraient pas les rues, compte tenu de leur nombre plus que restreint. Il possédait une 302 Peugeot qui fut ensuite remplacée par la toute nouvelle 203.

Nous étions à la fin des années 40 ou début des années 50, il s’approvisionnait régulièrement en carburant auprès d’un garage avec pompes à essence situé à la sortie de Lens, à droite de la chaussée sur la route de Lille.

Quelquefois, quand il faisait beau, il y avait un vieux monsieur assis devant l’établissement, dans un fauteuil en osier. Mon grand père, qui appartenait à cette génération qui soulevait son chapeau en croisant quelqu’un, lui serrait la main en passant, et j’en faisais de même, car les règles de la politesse ne souffraient aucune dérogation.

Un jour il m’expliqua, photo à l’appui, que cette personne s’appelait Maurice Garin, et que c’était lui le vainqueur du premier Tour de France en 1903.

Pour le gamin que j’étais, cela ne signifiait pas grand-chose, c’était un vieillard dont les enfants avaient pris la succession au garage, quant à son vélo, il était moche !

Ce n’est que bien plus tard, en m’intéressant au cyclisme, que j’ai réalisé quel champion il était.

Quant à la rencontre que je viens de décrire, elle n’est pas exceptionnelle, et je suis à peu près sûr que de nombreux Lensois d’un certain âge pourraient en faire un récit similaire.

Autrefois beaucoup d’anciens sportifs achetaient un petit commerce en fin de carrière, par exemple des cafés, et l’on peut dire qu’une multitude de clients ont serré la main d’un ancien champion par-dessus le zinc.

Dans le cas de Maurice Garin, nous avions un autre cas de figure, puisqu’il avait créé son entreprise un peu avant 1900 et avait mené conjointement la direction de son garage et sa carrière sportive.

Pour un autre souvenir cycliste, nous allons rester dans cette région.

En 1954, à Arras, à la fin du mois d’août, se disputait l’un de ces fameux critériums d’après Tour de France. C’était une véritable aubaine de pouvoir approcher de grands champions, et j’étais tout heureux de cet événement.

Accompagné de copains plus âgés que moi, nous avons donc pris le train pour parcourir les 17 kilomètres qui séparent Lens d’Arras.

Nous ne connaissions ces coureurs que sur photos. Nous n’aurions jamais pu imaginer que nous arriverions un jour à vivre dans une société où l’image et la communication atteindraient un tel sommet comme c’est le cas de nos jours. Ce qui était pour nous en ce temps-là de l’utopie et de la science fiction se trouve dépassé aujourd’hui dans la réalité

Le Tour, événement populaire par excellence, passionnait les Français et chacun voulait chaque jour connaître le résultat de l’étape. Quand on avait la possibilité de rester à son domicile, on se regroupait autour du poste à lampes, Alex Virot ou Georges Briquet nous faisaient vivre en direct les derniers moments de la course. Les premières émissions ont vu le jour vers 1930. Pour ceux qui ne pouvaient écouter la radio, les bistrots disposaient devant leur établissement un tableau ou une ardoise, et à la craie inscrivaient le classement du jour. Pour le football, on utilisait le même procédé, mais là, luxe suprême, certains cafés possédaient un tableau avec des plaques amovibles et sur chacune d’elles le nom d’un club.

J’ai pu connaître dans le Nord, plus exactement le Pas-de-Calais, les débuts de la télévision quelques années avant qu’elle ne parvienne dans les autres régions de notre pays. Le terrain est plat et l’émetteur de Lille balayait une grande zone.

A partir de 1955, durant le Tour de France, chaque soir j’attendais avec impatience le compte-rendu de l’étape qui venait d’être créé cette année-là. Le film était développé et monté en un temps record, puis acheminé par des motards. Le résumé ainsi réalisé passait juste avant l’arrêt des émissions vers 22 h 15 à 22 h 30, puis à nouveau le lendemain à la mi-journée durant le programme de midi, car le reste du temps l’écran était noir.

Les jeunes diront que ce n’était vraiment pas grand-chose, mais le peu est formidable quand on n’avait rien avant.

A leur intention, je voudrais apporter quelques précisions d’ordre pratique, pour leur donner une idée de l’évolution technique qu’ils n’ont pas connue. Lorsqu’on tournait le bouton de marche du téléviseur il fallait attendre deux à trois minutes au moins pour entendre le son qui précédait l’image d’un délai à peu près identique.

A un degré moindre, le poste de radio à lampes nécessitait un temps de chauffe. Mais çà ils ne peuvent pas s’en douter, quand on relate cette époque au cinéma, dès que le personnage joué par l’acteur touche le bouton du récepteur, ce dernier émet immédiatement un son pur. Cela s’explique par le rythme du scénario.

Mais que dire des films évoquant la dernière guerre, quand on voit les résistants ou F.F.I, qui ont la chance de posséder des Tractions d’un modèle produit dans les années cinquante. A SUIVRE !!!

Episode 2 >>> dès lundi 08/03/2021.

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