LA FRANCE DES CHAMPIONS. #EtD’Autres #DeJ-PClair #HistoireVécue #2emePartie/2 #2021

Photo. 2eme épisode, nous avançons sur la ligne du temps !!!

Mr J-P CLAIR possède un blog littéraire, poétique et cultivant. Ils sont une dizaine de chroniqueurs. Il nous explique qu’il y a tout un temps, il a aussi rédigé des articles sur le cyclisme. Nous remercions grandement Mr CLAIR pour les deux premiers envois. Celle-ci est la seconde partie. La première a été publiée le 06/03. Vous pouvez lire d’autres textes (non cyclistes) sur le blog via ce lien.

>>> https://ledixvinsblog.wordpress.com/

J’ai serré la main… (2 et fin)

(L’idéal pour tout comprendre serait de lire ou de relire l’épisode 1)

Revenons à la télévision telle qu’elle était.

Traditionnellement l’arrivée au Parc des Princes était diffusée en direct depuis 1948 mais la télé émettait sur des zones réduites. Le championnat du monde bénéficiait du même traitement mais je ne suis pas en mesure de préciser la date de début.

La caméra portable sur moto ou en hélicoptère n’avait pas encore fait son apparition et l’on voyait la ligne d’arrivée comme un spectateur bien placé. Le passage en haut des cols, en direct, était ressenti comme un miracle technique.

A titre d’exemple, en 1958, le Championnat du Monde se déroulait en France à Reims au mois d’août. Un circuit de plusieurs kilomètres était parcouru un grand nombre de fois. Trois caméras fixes avaient été disposées, une sur la ligne d’arrivée, et les autres sur deux points du circuit. En attendant les coureurs on se contentait d’admirer le goudron en écoutant les commentaires de Léon Zitrone qui avait à l’époque 44 ans et ne trichait pas encore sur son âge !

A son propos voici une anecdote : Un jour qu’il se trouvait en haut d’un col où l’on l’avait déposé, alors qu’il attendait une moto qui devait le récupérer il s’impatientait, il s’écria « comment on va me descendre ? ». Un spectateur facétieux répondit : « A coups de fusil ! ».

Revenons à ce championnat, le déroulement de l’épreuve, amenant la formation de groupes espacés mais également de quelques attardés, diminuait le temps d’attente pour voir passer des cyclistes au fur et à mesure que la journée avançait.

Quant à la course elle-même, elle avait démarré assez vite avec l’échappée de Wim Van Est, accompagné de Louison Bobet et Ercole Baldini. Le Hollandais avait lâché prise le premier et les deux autres avaient roulé toute la journée ensemble. Au passage à la cloche pour le dernier tour, Baldini était parti au train, laissant sur place Bobet qui avait dû se contenter de la deuxième marche du podium.

Un an auparavant, Baldini était encore détenteur du record du monde de l’heure, qu’il venait de ravir à Jacques Anquetil.

Notre compatriote Roger Rivière l’en déposséda avec brio en septembre 1957 et améliora encore sa performance un an plus tard malgré une crevaison.

Sa carrière fut interrompue tragiquement par un grave accident lors du Tour de France 1960. Il en garda des séquelles qui lui assombrirent le restant de sa vie écourtée.

Même à Saint-Etienne, sa disparition en 1976 n’entraîna pas de déchaînements médiatiques, il en va ainsi de l’actualité. Il faut dire que les Verts accaparaient les médias. La nuit de sa mort par exemple ils avaient rencontré Eindhoven pour le match aller de demi-finale de Coupe d’Europe, quinze jours plus tard avec le match retour c’était la qualification pour la finale.

On dit que Roger Rivière, supporter des verts avait demandé un téléviseur dans sa chambre pour voir nos Stéphanois, mais à quelques heures de son décès il n’aurait pas été en état de pouvoir le faire.

Dans une autre circonstance il ne fut pas favorisé non plus par les médias. L’un des auteurs d’un hold-up le désigna comme le chauffeur de la bande, Léon Zitrone en fit l’ouverture du journal télévisé. L’homme accusateur était un mythomane, Rivière fut rapidement disculpé, mais l’on n’en parla pas sur les ondes de la même façon, on ne fait pas de l’audience avec des innocents.

Nous revenons en 1954, pour ce critérium à Arras.

Louison Bobet étrennait son maillot arc en ciel de Champion du Monde conquis quelques jours plus tôt à Solingen en Allemagne, dans des conditions météorologiques épouvantable. Fritz Schaer, coureur helvétique, participait également à l’épreuve et s’était classé deuxième. Pour mémoire, disons que la troisième marche du podium était revenue à un tout jeune coureur qui a confirmé par la suite qu’il s’accommodait très bien du mauvais temps : Charly Gaul.

Bobet avait également gagné le Tour de France cette année-là. La hiérarchie était établie puisque le Suisse Schaer avait terminé troisième de cette épreuve. Son compatriote Ferdi Kubler s’était glissé à la deuxième place en remportant également le classement par points, mais quatre ans auparavant il s’était adjugé la Grande Boucle.

Pour la petite histoire, signalons que Fritz Schaer fut le premier lauréat du maillot vert du classement par points, créé en 1953 à l’occasion du cinquantenaire de l’épreuve. La Poste avait émis un timbre pour commémorer cet anniversaire, sur la vignette, encadrant l’image de la France, avaient été placés, d’un côté un coureur 1900 et de l’autre un cycliste moderne (de l’époque !). En la circonstance, Maurice Garin, vainqueur du premier Tour de France en 1903, avait été invité, de même que Géo Lefèvre, l’inventeur de cette compétition, celui qui en avait suggéré l’idée à son patron Henri Desgranges.

Le choix de la couleur verte pour cette tunique spéciale dépendait du premier sponsor, la chaîne de magasins, La Belle Jardinière.

Le maillot à pois du meilleur grimpeur, quelques années plus tard lors de sa création en 1975, reprenait les couleurs du chocolat Poulain pour les mêmes raisons. Le choix des pois était un hommage à un ancien coureur Henri Lemoine qui portait un tel maillot, inspiré des casaques de jockeys.

Le challenge du meilleur grimpeur, ou Grand Prix de la Montagne, existait quant à lui depuis 1933, mais sans signe distinctif. Son premier lauréat, l’Espagnol Trueba n’avait gagné aucune étape et termina à la sixième place à Paris sans jamais inquiéter le vainqueur Georges Speicher qui le devançait d’une demi-heure.

Pour en terminer avec les maillots, le jaune du premier au classement général est apparu en 1919. Il n’était même pas disponible au départ de l’épreuve cette année là, Christophe fut le premier à le revêtir vers la cinquième étape. Le choix de la couleur jaune était celle du papier du journal l’Auto qui était l’organisateur du Tour de France.

En 1969, Eddy Merckx réalisa l’exploit unique de remporter les trois classements mais le meilleur grimpeur n’avait pas encore le maillot distinct qu’il n’aurait pas pu porter. Il ne restait plus rien pour les autres puisque sa formation avait remporté le challenge par équipes. Le classement du meilleur jeune avec maillot blanc n’existait pas encore, sinon il lui aurait été attribué.

Le journal l’Auto ayant paru sous l’Occupation, il dut disparaître pour devenir l’Equipe par la suite.

Revenons dans la ville de l’ami Bidasse, pour retrouver nos cyclistes.

Le critérium se déroulait sur une multitude de tours de circuit. A intervalles réguliers, des sprints intermédiaires permettaient l’attribution de points, étant entendu que le vainqueur final serait celui ayant réalisé le meilleur total.

Tout au long de l’après-midi, avec ce mode de calcul, Fritz Schaer devançait Louison Bobet de très peu. Le dernier franchissement de la ligne d’arrivée octroyait un nombre de points majoré.

Bobet, magnifiquement emmené par Antonin Rolland, remportait le dernier sprint, ce qui lui permettait de coiffer Schaer sur le poteau.

Le suspens avait été ménagé jusqu’au bout, et la hiérarchie respectée comme dans un bon scénario de film.

Au retour à la gare d’Arras, nous avons été témoins d’une scène impensable aujourd’hui.

Au guichet voisin, prenant son billet pour rentrer chez lui ou rejoindre un autre critérium, avec à la main son vélo dont les roues avaient été recouvertes de housses, se tenait un excellent coureur français, qui devint titulaire inamovible de l’équipe de France par la suite et futur deuxième du Tour 1956 à 1’26’’ du vainqueur Roger Walkowiak. Il s’agissait de Gilbert Bauvin.

J’ai beaucoup de mal à imaginer Virenque à Châteaucreux… tout seul, son vélo à la main !

Fin de cette première histoire. MERCI à Mr J-P CLAIR.

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