« CHACUN SON TOUR ». de JP CLAIR. #Jeunes et Agés sur le TOUR #Garin-Scieur-Lambot-Cornet #2021

Image présentation. Des anecdotes de sa ville natale. Avec des français mais aussi des belges comme LAMBOT et SCIEUR.

  • Histoire du Tour de France : « CHACUN SON TOUR ». Jean Paul Clair. Publié par « dixvinsblog ». Les journaux ont rapporté que le vainqueur du Tour était le plus jeune depuis 1904. Il m’a semblé qu’il pourrait être intéressant de vous raconter ce Tour 1904, d’autant plus qu’il y a eu un passage marquant à Saint-Etienne.
  • On vient d’apprendre que le vainqueur du tour cette année, Pogacar âgé de 22 ans, est le plus jeune lauréat depuis 1904. On peut signaler qu’Anquetil en 1957 et Fignon en 1983 avaient chacun 23 ans. A l’opposé Firmin Lambot comptait 36 ans en 1922 et coïncidence unique il était né dans la même commune belge que Léon Scieur le vainqueur de 1921 (Florennes). Revenons à ce Tour 1904, en effet cette année-là, le vainqueur qui figure au palmarès avait une vingtaine d’années (né en 1884), il se nommait Henri Cornet mais n’avait pas gagné le Tour sur le terrain terminant à la cinquième place.
  • Quelques mois plus tard les quatre premiers étaient déclassés pour irrégularités et tricheries en course et il fut proclamé vainqueur. Maurice Garin gagnant du premier Tour de France en 1903 avait renouvelé sa performance mais fut déchu en compagnie de son frère César, Aucouturier et Pothier (à ne pas confondre avec Pottier le vainqueur en 1906). Henri Cornet, de sa véritable identité Henri Jardy, avait pris un pseudonyme pour cacher à sa famille qu’il faisait du vélo, mais en gagnant le Tour la discrétion s’estompait par force. Il avait plusieurs surnoms, le premier était « le rigolo » pour souligner son caractère joyeux, car le terme n’avait pas encore la connotation péjorative qu’il a prise de nos jours. On l’appelait également « l’ingénieur » ou « le mécanicien » pour le soin qu’il apportait à la mise au point de sa monture. Ce Tour de France a bien failli être le dernier et Henri Desgranges écrivait dans le journal l’Auto : «Le Tour de France est terminé et sa seconde édition aura je le crains bien, été aussi la dernière. Il sera mort de son succès, des passions aveugles qu’il aura déchaîné. Et pourtant il nous a semblé et il nous semble encore que nous avions édifié le monument le plus durable et le plus important du sport cycliste».
  • Fort heureusement après des mois de réflexion et les encouragements de ses collaborateurs il lança le Tour 1905. Première décision importante, il n’y avait plus d’étapes de nuit propices aux tricheries de toutes sortes et pour la première fois on gravissait le Ballon d’Alsace. René Pottier ancêtre des grimpeurs passa le premier au sommet (une plaque sur place commémore l’exploit). Revenons à ce Tour 1904 qui avait connu les pires déboires. Les irrégularités furent nombreuses, certains prenaient le train ou faisaient du stop, d’autres se faisaient remorquer par une voiture dans l’obscurité. Il y eu de graves incidents comme des clous sur la route. Mais le plus flagrant se déroula dans notre région et les Stéphanois se sont particulièrement distingués. Il faut préciser que le Tour se déroulait sur le même parcours que le précédent. Pour mémoire les étapes étaient les suivantes : Paris-Lyon… Lyon-Marseille… Marseille-Toulouse… Toulouse-Bordeaux… Bordeaux-Nantes… Nantes-Paris. Le kilométrage était important mais il y avait des jours de repos entre chaque étape. Un coureur pouvait abandonner et participer à l’étape suivante, mais il n’était plus classé pour le général. C’est donc sur le trajet de Lyon à Marseille que Saint-Etienne était traversé. Les coureurs avaient démarré de Lyon un peu après 20 h 30 et c’est de nuit qu’ils se trouvèrent dans le Grand Bois (Col de La République). Une foule d’énergumènes barraient la route ne laissant passer que le Stéphanois Alfred Faure (ne pas confondre avec Benoît Faure, champion dont la carrière a débuté vers 1925, ni Claudius Faure brillant pistard d’avant-guerre). Ils se ruèrent sur les coureurs les assommant à coups de bâtons, certains furent blessés et un Italien, Gerbi finit à l’hôpital. Ce n’était pas un chanceux puisque dans un autre Tour de France il fut renversé sur la promenade des Anglais par une voiture de l’organisation (le chauffeur s’était endormi !).«Tout à coup, dans le haut de la côte, Faure démarre brusquement et prend deux ou trois longueurs. Nous levons la tête pour apercevoir cinquante mètres devant nous, un groupe d’une centaine d’individus formant la haie de chaque côté de la route ; ils sont armés de gourdins et de pierres ; Faure s’engage résolument et passe ; alors les gourdins se lèvent sur les suivants». (déclarations communes de certains coureurs ) Les commissaires de course rétablirent le passage en tirant des coups de feux en l’air. Henri Desgranges ulcéré décida que le Tour de France ne repasserait plus jamais par Saint-Etienne. Il tint parole et décéda au début de la guerre, ce n’est qu’en 1950 (victoire de Géminiani) que l’on revit la grande boucle dans la capitale du cycle.

Voici des épopées magiques !!! De nos jours tout est tellement stéréotypé que de moins en moins de monde s’intéresse au cyclisme. Les mordus sont encore là mais les autres trouvent cela tellement long et lassant.

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