ARNAUD GUILLAUME, DE SURICE A « DIRECT VÉLO » !!! #Entretien2 #2019-2020

Corrigé, le 19/12/2019.

Photo. Sur le « TOUR DE NAMUR ». Dans l’organisation. (à droite)

Vous avez déjà l’entretien suivant sur site :

  1. Jonathan PLATEAU : Président des Cyclos de Saint-Roch à Lessines.

Voici le second entretien. Il est consacré à Arnaud GUILLAUME. Nous avons des coureurs site suivis à l’année. Nous avons aussi des « non pédaleurs » dans le collimateur. Arnaud est un mordu de cyclisme depuis tout gamin. Sa passion le tenaille. Il aime écrire et rapporter les événements. Il aime les courses cyclistes. D’ailleurs, il vient de débuter des études pour pouvoir en faire son métier. Très actif toute l’année, il a aussi la chance d’avoir des parents qui n’ont pas peur de faire des kilomètres pour ses rendez-vous. Il occupe plusieurs fonctions à responsabilités. Dont celle de prester pour « DIRECT VÉLO » dont nous parlons régulièrement sur notre site. Après une année 2019 aussi remplie, nous lui avons demandé s’il voulait bien d’un entretien avec LCOW. Il a accepté sans hésiter. (c’est son second) Nous l’en remercions grandement. C’est un entretien très instructif. #Réflexions Merci également à « DIRECT VELO » des accords donnés à Arnaud !!!

1) Te voilà aux études supérieures mais aussi occupé dans bien des domaines. Ce n’est pas trop ?

J’ai effectivement commencé des études supérieures, ayant réussi avec brio ma 6e année secondaire. J’ai décidé de faire un bachelier en relations publiques (3 ans et demi) en cours du soir à Namur. Le choix de l’horaire décalé peut paraître surprenant à première vue, mais c’est ce qui me convient le mieux. Notamment au niveau de ma disponibilité, cela me permet d’être présent sur plus de courses la journée et d’enchaîner avec 3 heures de cours le soir (18-21h). Cela peut faire de longues journées mais ça ne me dérange pas. La méthode d’apprentissage est aussi plus intéressante. Nous sommes un petit groupe bien soudé. Je suis mêlé à des adultes, des gens qui travaillent déjà, c’est ça qui me plaît ! Nous savons pourquoi nous sommes là ! Par ailleurs, l’accent est mis davantage sur la pratique que la théorie. Il y a plus de travaux que d’examens, et aussi des stages. L’objectif de l’école est de nous mettre dans le bain et de s’exercer à devenir un vrai professionnel en testant nous même le terrain. C’est mieux que d’étudier par cœur des centaines de pages, non ? Je fais beaucoup de choses, en effet : je couvre pas mal de courses pour DirectVelo, je suis le nouveau secrétaire faisant-fonction du Royal Namur Vélo, je suis l’éditeur de la revue du club, sans oublier mes études ainsi que la préparation et l’organisation de la caravane publicitaire du Tour de Namur… C’est beaucoup, c’est vrai, mais ce n’est pas de trop. Je sais gérer mon temps. Tout est une question d’organisation, et j’ai toujours été bon à ce niveau là. Quand je ne suis pas en mesure d’effectuer un quelconque travail extrascolaire, je décline. C’est rare, mais cela peut arriver.

2) Une saison dans le service ‘com de l’équipe « DIFFERDANGE GEBA » et puis bye. L’équipe arrête. Comment s’est passée ton année ? « DIFFERDANGE » arrête, un coup dur ? Tu as déjà des perspectives dans un ou d’autres teams ? 

Mon année 2019 a été le reflet de la saison cycliste : exceptionnelle ! Lors de la présentation du team en mars, j’ai été présenté au public comme je ne l’avais jamais été. J’ai senti que la direction tenait à moi et à mon travail. Ils étaient bien conscients de ce que je faisais pour eux, bénévolement qui plus est. Quand j’ai reçu le mail de la direction le 1er octobre, j’ai été très surpris car rien n’indiquait que l’équipe allait arrêter. En tous cas, moi, je n’avais rien vu venir. Sportivement, c’est un nouveau coup dur, même si la quasi-totalité de l’effectif a retrouvé sa place en Continental. Jan Petelin passe même pro en Italie ! J’ai été satisfait d’avoir été prévenu à temps. Je me suis senti reconnu. Differdange restera une belle et grande aventure pour moi. Je n’ai pas fait beaucoup de courses avec eux, mais je m’y sentais bien ! Et quel professionnalisme malgré le petit budget ! Lors de nos déplacements avec eux, mon papa était soigneur, comme pour T.Palm autrefois. Outre les bidons et gels en quantité suffisante, nous étions équipés de paires de roues de rechange et aussi de l’oreillette (sur les courses pro). On pouvait communiquer avec les coureurs et la voiture du directeur sportif très facilement pour leur expliquer avec précision où nous étions placés sur le parcours. Bref, c’était digne d’une Pro Team. Et toujours 100 fois ‘merci’ à la fin de chaque course. C’est dans ce genre de situation que l’on se sent vraiment indispensable et reconnu. Je n’ai pas cherché d’autre équipe où me recaser. Je suis très clair là-dessus, car on peut sous-entendre que je n’ai rien trouvé. Or, c’est totalement faux. J’ai déjà assez de boulot actuellement, et je préfère donc mettre entre parenthèses cette partie ‘’com’ d’équipe’’. Par contre, je pourrais reprendre cette activité à l’avenir, mais peut-être pas dans un futur proche. Les coureurs qui m’ont connu en tant que ‘chargé de com’ étaient déçus car, dans la majorité, ils aimaient ma façon de travailler. Ils ont rarement vu quelqu’un d’aussi vaillant que moi, m’a-t-on rapporté.

3) Et puis, ton enrôlement chez « DIRECT VÉLO« . Finalement comment as-tu pu intégrer ce média internet ? Vous êtes nombreux ? Comment les courses sont-elles attribuées à ceux qui doivent les couvrir ? Idem pour les coureurs ? Tu es partant pour une saison de plus ? Pour que nous puissions nous faire une idée, as-tu les chiffres des suivis « directs » sur une épreuve, peu importe laquelle ?

Cela faisait déjà plusieurs fois que James Odvart et Francis Spruyt m’avaient fait la proposition. J’avais refusé à chaque fois et je me rends compte avec le recul que c’était une grosse erreur. J’ai finalement accepté en début d’année vu le programme très ‘’light’’ que j’avais avec Differdange. J’ai été testé sur Bruxelles-Opwijk et Gand-Wevelgem (Kattekoers).

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A « GAND WEVELGEM ».

J’ai pu y découvrir en version accélérée les différentes façons de travailler pour DV. J’ai géré avec brio la Flèche Ardennaise, qui s’est avéré être une sorte ‘’d’examen’’ pour moi. James et Francis m’ont ensuite fait confiance et m’ont lâché seul sur le terrain. Cela a été une évolution très rapide et DirectVelo est devenue en l’espace de deux mois mon activité principale dans le cyclisme. A tel point que beaucoup ont cru que j’avais quitté Differdange… Des fausses rumeurs ont couru pendant la saison. Cela peut être regrettable, mais il vaut mieux en rire qu’en pleurer, n’est-ce pas ? J’aime soigner mon image, mais il y a des limites. Chez DirectVelo-Belgique, nous sommes quatre. C’est peu, surtout quand nous avons trois courses à couvrir le même jour. D’où l’intérêt de ma ‘’formation’’ rapide et efficace. Cette saison, j’ai choisi mes courses au fur et à mesure et j’ai comblé certains trous qu’il pouvait y avoir. Pour 2020, j’ai rendu mon planning fin octobre, dès que le calendrier national est sorti. Je privilégie bien sûr les courses wallonnes qui ont lieu dans ma région. Mon agenda est très provisoire et évolue au fil des semaines, mais je connais les grandes lignes (je serai notamment présent sur le GP Criquielion).

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Au « GP CRIQUIELION ».

J’ai par contre été contraint de déclarer forfait pour certaines courses, au vu de ma position géographique et en tenant compte de mes études qui me prennent aussi un peu de temps… En France, il y a beaucoup plus de membres chez DirectVelo. Nous couvrons une grande majorité de courses sur route. En Belgique, nous dépendons beaucoup de Belgian Cycling (la fédération belge). Elle nous demande de couvrir ses principaux challenges de régularité : U23 Road Series, Coupe de Belgique, Lotto Cycling Cup, championnats, … Nous sommes aussi présents en cyclo-cross (uniquement les manches de Coupe du Monde et certains championnats). J’ai eu la chance de débuter en cyclo-cross à Coxyde, fin novembre. Là aussi, c’était une belle expérience. Assister à la conférence de presse d’après course était le plus marquant pour moi. Bah oui : se retrouver à table face à Toon Aerts, Laurens Sweeck, Eli Iserbyt et surtout Mathieu Van Der Poel, ce n’est pas courant ! Il ne faut tout de même pas perdre son sang-froid, et je gère cela très bien. En ce qui concerne les chiffres précis, cela varie beaucoup. Je reçois un compte-rendu chaque mois avec tous les chiffres. On tourne aux alentours de 40 millions de vues par an sur le site web (France et Belgique compris), ce qui fait de nous le premier site francophone spécialisé du cyclisme ! Ce n’est pas rien, et je suis très fier de faire partie de cette ASBL. J’aurais dû y être depuis bien longtemps, même si je n’ai aucun regret sur mes choix et mon parcours. 

4) J’imagine que tu as certaines obligations à respecter ? Quel est ton emploi du temps ?

Il faut savoir qu’une course se prépare à l’avance. Le travail ne commence pas le jour même. Pendant le direct, des infos concernant le palmarès ou le parcours sont publiées à des moments ‘’plats’’ de la course, quand on n’a pas d’info intéressante à écrire. Tout cela, on le prépare à l’avance sur un fichier pour ne pas commencer à aller sur internet, et ainsi perdre du temps qui peut être précieux. Dans le nom, on entend bien ‘’Direct’’. Il faut donc être rapide et efficace à la fois. De plus, je dois prendre connaissance des horaires et de la liste provisoire des partants, qui est publiée quelques jours avant la course sur notre site web. Le jour de la course, j’arrive environ deux heures avant le départ. Cela me laisse le temps de tâter le terrain (interviews, photos, etc) et de publier la liste définitive des partants sur le web. Ensuite, je me rends à la ligne d’arrivée pour installer mon matériel et commencer le direct. Je suis à l’écoute de Radio-Tour mais pas seulement. Je reçois des photos, je laisse planer un certain suspense à l’approche des derniers kilomètres, … Quand j’en ai le temps, j’anime les réseaux sociaux pour attirer le monde vers le lien du direct. Une fois l’arrivée jugée, je me rends à la photo-finish pour recevoir un Top10 provisoire. Au podium protocolaire, ma mission est de faire quelques photos, choper quelques interviews audio ou vidéo des trois premiers et maillots distinctifs s’il y en a.

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Toujours plus facile en étant de DV pour poser des questions !!! Les coursiers aiment … .

Enfin, il faut publier tout ça sur le web, donc soit je me rends en salle de presse s’il y en a une, soit je retourne chez moi pour continuer. Le travail peut parfois s’achever le lendemain, car cela m’arrive de devoir faire des articles à part. Tout ça, c’est quand je suis seul sur une course. Quand on est plusieurs, on se répartit les rôles et pour les interviews, on se répartit les coureurs en faisant un point rapide sur leurs derniers résultats, l’actualité, etc. Je fais rarement la même chose sur chaque course. Il faut être très polyvalent et mon travail dépend de beaucoup de paramètres. Cela m’arrive aussi de suivre des courses en voiture suiveuse, de rester en salle de presse pendant une journée entière, de recouper des parcours, …

5) Enfin, te voilà secrétaire ‘’faisant-fonction’’ au « Royal Namur Vélo ». Tout va donc pour le mieux ? Et le TOUR DE NAMUR est reconduit !!!

Effectivement, j’ai récemment été proclamé secrétaire faisant-fonction du club. C’est un honneur. En ce qui concerne le Tour de Namur 2020, je ne peux pas tout dire, mais ça se présente plutôt bien. Les villes-étapes sont presque toutes fixées. Pour 2021, je n’y pense pas encore. J’y penserai le lendemain de l’arrivée finale. Allons une année à la fois.

6) Et aussi la caravane publicitaire, dont toi et ton papa vous vous occupez depuis l’an passé…

Elle se profile bien aussi ! On espère rester sur un nombre d’au moins 12-15 véhicules, même si on est plus ambitieux. Nous aimerions atteindre le cap des 20 véhicules mais ça va être compliqué. Tout dépend de la volonté des partenaires. Cette fois, on a le temps et on s’y prend à l’avance, contrairement à l’an passé où l’incertitude qui concernait la course nous a longtemps bousculé. De plus, nous avons enfin trouvé une solide équipe de bénévoles dévoués à 100% pour que cette caravane soit une fête. On veut que celle-ci soit conviviale, ‘’entre amis’’ et pas seulement une fête du vélo. Certains chauffeurs n’étaient pas vraiment emballés à l’idée de conduire cinq jours et finalement, ce sont eux qui essaient de convaincre d’autres personnes de venir sur le Tour en 2020, tellement l’ambiance y est excellente… Nous dépendons bien sûr de la course, mais nous n’en parlons que très peu entre nous. Je ne communique que les infos essentielles au bon déroulement de la journée : distance de l’étape, lieu de départ et d’arrivée, etc. A partir du moment où ce genre de situation se produit, je pense que notre mission est réussie à 200%. C’est juste génial. L’organisateur est très satisfait que nous ayons repris l’affaire. Sans nous, la caravane publicitaire du Tour de Namur n’existerait plus. Cela nous prend beaucoup de temps et d’énergie, mais on ne compte pas. On y va à la passion.  Je peux déjà annoncer que j’opérerai des changements qui concernent l’organisation générale du cortège. Par exemple, un briefing est prévu chaque jour, au lieu d’un seul briefing le premier jour. La création d’un groupe WhatsApp facilitera aussi la communication au sein du groupe.

7) Le cyclisme change. ÉNORMÉMENT. Que penses-tu de ce qui va encore évoluer en 2020 ? Trop aux riches, pas assez aux pauvres ? 

Je me demande le plus à quoi va ressembler cette future Coupe du Monde de cyclo-cross. Je ne suis pas dans l’organisation de Flanders Classics, je ne suis sans doute pas assez informé, mais je me pose tout de même des questions. L’agrandir légèrement pour aller voir d’autres pays comme l’Italie ou l’Espagne, ok pour moi, mais pourquoi systématiquement bloquer tous les dimanches et doubler (voire tripler) le prix ? L’autre souci est le nouvel arrêté royal qui va entrer en vigueur. Cela complique encore plus le travail des organisateurs, de plus en plus vieillissants. Sans oublier le manque cruel de bénévoles… Cela n’évolue pas dans le bon sens, c’est sûr. Trop aux riches et pas assez aux pauvres, c’est exactement ça mais ce n’est pas la faute du cyclisme. Je pense que c’est un problème qui trouve sa source au niveau politique. Le sport n’est que le reflet de la société actuelle. Si les partenaires avaient de l’argent, je suis convaincu qu’ils pourraient davantage investir. Mais il y a du bon et du mauvais dans tout…

LCOW : Un post est en préparation. Arnaud fait bien d’en parler. #AR

8) Des nouvelles ? Sur les équipes (de – en -) ou sur des coureurs ? (de – en -) 

Si tu veux mon avis sur la diminution du nombre de coureurs, je pense qu’il reste encore des coureurs mais tous ne sont pas motivés à aller rouler en Wallonie et préfèrent la Flandre. Pire : certains vont dans un club flamand ! Je ne peux pas vraiment leur en vouloir, car il y a plus de moyens en Flandre qu’en Wallonie. Ils ont raison quelque part, mais je pense que nous possédons encore au Sud du pays un ou plusieurs clubs avec du matériel de qualité. Je pense à une équipe en particulier, dont je ne citerai pas le nom. Je pense aussi qu’il reste beaucoup de talents en Wallonie. Il ne faut juste pas leur mettre trop de pression inutile et les laisser avancer à leur rythme, tout en étant bien encadrés par de VRAIS directeurs sportifs. En ce qui concerne le calendrier, je suis sûr qu’il pourrait être mieux équilibré. Il ne faut pas que les organisateurs wallons se fassent concurrence entre eux.

9) A ton avis, quelle motivation peut-on encore trouver à écrire sur le cyclisme ? 

La motivation principale est le remerciement des gens sur lesquels on écrit. A partir du moment où tu n’as plus aucun ‘’merci’’, cela ne vaut plus la peine de continuer. C’est pareil avec les bénévoles. Certains abandonnent mais ce n’est pas étonnant si on les traite d’une mauvaise manière. Merci encore à toi pour cet article, et aussi pour tous les autres.

Après cet entretien, vous aurez pu constater qu’on ne s’improvise pas « actif » dans le cyclisme sans un brin de connaissances, d’envie et de clairvoyance. L’organisation personnelle est également une nécessité absolue. La crédibilité passe par là. Il faut bien avouer qu’évoluer dans ce domaine demande de la motivation. Moins de courses, moins de coureurs, quelques fois des râleurs, … il faut s’accrocher. Arnaud vogue au rythme des courses. Il se laisse porter. Le rôle qui est le sien et de celui de ses comparses est important. Nous retiendrons que le cyclisme doit trouver une nouvelle force afin de se relever. Au vu des très nombreuses épreuves organisées pour les très jeunes, la base va se reformer et, peut-être, aurons-nous de quoi nous exalter un peu plus dans le futur. Merci à Arnaud pour sa vista.