Ce jour est un grand jour. Celui de l’armistice de 1918. C’était la fin de la grande boucherie de 14-18. La fin des combats. Pour la fin de la guerre ce sera en 1919. Il y aura bientôt 100 ans. Tout le monde patriotique le commémore même si nous n’avons plus de « poilus ». Les écoles amènent leurs élèves devant les monuments aux morts. Dans les foyers, il y a toujours des pensées pour le 11 novembre qui, il faut le signaler est toujours un jour férié. En ces temps de grande instabilité mondiale. La guerre est partout. Ce genre d’événement ne peut que nous tenir en éveil et nous inciter à nous souvenir aussi bien de nos anciens qui se sont battus âprement que de la diplomatie à garder en toutes circonstances.
LCOW n’a pas pour habitude de relater des histoires personnelles mais en voici néanmoins une. Notre grand-père, Joseph DELPLACE, a été volontaire de guerre en 1914. Oui, à l’époque, le sens du devoir, de la patrie voulait encore dire quelque chose. Pas sûr que cela se passerait encore ainsi de nos jours. En 1916 et en 1917, il était aux environs de Ypres, dans ce qui est commun d’appeler les « boyaux de la mort » pour désigner les tranchées. Il a été blessé lors de corps à corps à deux reprises par des baïonnettes. Rétabli, à chaque fois, il est reparti sur le front. Ce n’était pas de l’héroïsme (quoique, aujourd’hui, on fait un héros de tout) pas de l’excès, ni même de l’entêtement. C’était la vision de l’époque. Nombreux étaient les soldats à vouloir défendre leur pays, leur famille, leurs droits, la paix. C’était tout à fait normal de lutter contre l’envahisseur allemand. Mais notre grand-père avait tellement vu de morts et de souffrance qu’il n’en a quasiment jamais parlé. Pourtant, il aurait eu à dire et à écrire à n’en pas douter. Pour le peu que nous sachions, c’est notre grand-mère Marie-Madeleine qui nous l’a rapporté. Tout cela pour dire aussi que le passage de témoins : un objet, un récit, d’une génération à une autre est primordial. Et si à un certain âge, « on en a rien à foutre », avec le temps, il y a des choses qui deviennent plus qu’essentielles.
Voici la réalité des combats. Ceci est la baïonnette que m’a donné mon grand-père. C’est la sienne, avec laquelle il était sur le front en 14-18. Vous avez ainsi une idée de ce qui attendait les soldats quand ils montaient baïonnette au canon. Et qu’ils s’embrochaient les uns les autres.Triste sort. Elle est destinée à la génération suivante.

Et dans le milieu cycliste aussi les belges et les français ont donné à la nation. Beaucoup de coureurs sont partis mais ne sont plus rentrés. Combien de carrières ont-elles été stoppées dans leur élan ? Combien d’organisateurs ont-ils arrêté leur épreuve et pour certains ne jamais la remettre sur pieds ? Oui, cette « der des ders » a eu des effets dévastateurs sur notre milieu. Aujourd’hui, souvenons-nous de tout cela.
